Au domaine, nous respectons les rythmes naturels en suivant le calendrier lunaire, une pratique
ancestrale qui influence la vigne, le raisin et même la mise en bouteille. Les cycles de la lune et les jours
“qualitatifs” orientent nos gestes pour accompagner la vigne et révéler pleinement le terroir de chaque
parcelle.
Cycles de la lune :
• Lune montante : la sève circule vers les parties aériennes → période favorable aux feuilles et
aux fruits.
• Lune descendante : la sève redescend vers les racines → idéal pour le travail du sol, la taille et
les plantations.
Jours “qualitatifs” :
• Jour fruit : vendanges et soutirages → meilleure expression aromatique.
• Jour fleur : favorise la finesse et l’élégance du vin.
• Jour feuille : plutôt neutre, influence limitée.
• Jour racine : vins plus fermés et structurés, idéal pour enracinement et vigueur de la plante.
Application pratique :
• Travail de la vigne : taille, relevage et entretien du sol en lune descendante pour respecter le
cycle naturel de la plante.
• Vendanges : souvent en jour fruit pour des raisins concentrés et aromatiques.
Mise en bouteille :
En jours fruit ou fleur, pour des vins plus ouverts, harmonieux et expressifs
dès le départ.
Cette attention subtile, fondée sur l’observation et la patience, ne change pas la nature du vin mais
affine son expression immédiate. Elle reflète notre volonté de travailler en accord avec la nature et de
laisser chaque parcelle révéler sa singularité, génération après génération.
La colline de Corton est l’une des plus emblématiques de la Côte de Beaune. Elle s’élève à près de 350
mètres d’altitude et bénéficie d’une exposition plein sud, idéale pour capter la lumière et favoriser la
maturité optimale des raisins. Ses sols sont particulièrement complexes, composés de calcaire, d’argile,
de marnes et de pierres, créant une mosaïque de micro-terroirs aux caractéristiques distinctes. Le relief
accidenté et les variations de profondeur de sol permettent à chaque parcelle de développer sa
personnalité propre et d’exprimer toute la richesse du terroir.
Parmi les parcelles les plus renommées, Les Renardes et Les Grandes Lolières occupent une place
centrale.
Les Renardes, situées sur des pentes profondes et riches en argile, donnent des raisins concentrés qui
produisent des vins puissants et structurés, tant en rouge qu’en blanc, avec un potentiel de garde
exceptionnel. Les sols profonds favorisent des tanins charnus, une belle matière et une complexité
aromatique remarquable.
À l’inverse, Les Grandes Lolières, sur des coteaux légèrement plus légers et bien drainés, exposés sudsud-est, avec des sols plus caillouteux et superficiels, produisent des raisins aux arômes subtils et à la
minéralité prononcée. Ces conditions donnent des vins élégants et raffinés, où finesse et équilibre
s’expriment pleinement, révélant la subtilité caractéristique des grands crus de Corton.
Nos grands crus, rouges comme blancs, sont issus exclusivement de ces parcelles d’exception. Chaque
vin reflète l’identité unique de la colline, le soin apporté à la vigne et l’attention portée à chaque étape
de la vinification. Le travail parcelle par parcelle permet de tirer le meilleur de ces sols d’exception et
de produire des vins à la fois puissants, complexes et élégants, capables de se révéler pleinement avec
le temps.
Un vin commence bien avant la cave : il naît dans la vigne, au fil d’un travail précis, discret mais
déterminant pour la qualité finale.
La vigne suit un cycle annuel rigoureux, directement lié aux conditions climatiques de la Bourgogne, et
chaque étape influence l’expression du raisin et du vin.
Au printemps, le débourrement marque la sortie de dormance : les premiers bourgeons apparaissent,
très sensibles au gel. Une nuit froide peut compromettre une grande partie de la récolte. Suit la
floraison, généralement en juin, déterminante pour le nombre de grappes. Une floraison rapide et
homogène est souvent annonciatrice d’un millésime réussi, tandis qu’une météo instable peut
provoquer coulure ou millerandage, impactant entre autres les rendements. Au cœur de l’été, la
véraison correspond au changement de couleur des baies et au début de la maturation : les raisins
accumulent sucres, composés aromatiques et tanins, éléments essentiels pour la structure et la
complexité du vin.
Le travail du vigneron accompagne chacune de ces étapes. Dès l’hiver, la taille structure la plante et
conditionne le rendement futur. Au printemps, l’ébourgeonnage permet de sélectionner les grappes à
conserver : l’objectif n’est pas de produire plus, mais de produire mieux. Pendant l’été, le relevage et
le rognage favorisent la circulation de l’air et limitent les maladies, garantissant une maturation
homogène.
En Bourgogne, chaque parcelle réagit différemment selon son sol, son exposition et son altitude. C’est
pourquoi les vendanges se font rarement en une seule fois, mais par passages successifs, adaptés aux
conditions spécifiques de chaque terroir et de chaque millésime. Ce cycle n’est jamais figé : c’est
l’interaction permanente entre la vigne, le climat et les choix du vigneron qui donne naissance à un vin
équilibré, expressif et fidèle à son terroir.
Ce travail minutieux, bien que discret, se lit dans le verre : équilibre, finesse et expression du terroir
sont le reflet de l’attention portée à chaque geste, du bourgeon au raisin, puis du raisin au vin.
Température, pluie, ensoleillement : comment chaque paramètre climatique façonne l’équilibre sucre,
acidité et arômes.
Le climat bourguignon est à la fois une richesse et une contrainte. La maturation du raisin dépend d’un équilibre subtil entre chaleur, ensoleillement et disponibilité en eau.
Un été chaud et sec favorise l’accumulation de sucres et la concentration des baies. Les vins seront généralement plus riches, avec des degrés alcooliques plus élevés. À l’inverse, une année plus fraîche ralentit la maturation et permet de préserver l’acidité, essentielle pour la fraîcheur et le potentiel de garde, notamment des vins blancs.
La pluviométrie joue un rôle déterminant. Une pluie modérée en été peut relancer la maturation, surtout sur des sols calcaires drainants comme en Bourgogne. En revanche, des précipitations importantes à l’approche des vendanges augmentent les risques sanitaires (botrytis, dilution).
En pratique, quelques jours de soleil en septembre peuvent faire basculer un millésime. C’est souvent dans ces moments-là que se prennent les décisions les plus importantes.